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29 janvier 2026
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#COPSOQ
#Questionnaire RPS
#Enquête climat interne
Stress, surcharge mentale, perte de sens, conflits de rôles… Les risques psychosociaux (RPS) sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des directions Ressources humaines (RH), Qualité – Hygiène – Sécurité – Environnement (QHSE) et des acteurs de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT.) S’ils sont largement reconnus, leur évaluation opérationnelle reste un défi : comment objectiver des phénomènes complexes, multifactoriels et souvent sensibles ?
Dans ce contexte, les outils d’enquête structurés et scientifiquement validés jouent un rôle clé. Parmi eux, le COPSOQ – Copenhagen Psychosocial Questionnaire, dans sa version française validée (Dupret, Bocéréan, Teherani & Feltrin, 2012 ; version originale : Kristensen, Hannerz, Høgh & Borg, 2005), s’impose comme un référentiel robuste pour mesurer les facteurs psychosociaux du travail et vient compléter les modèles traditionnels plus anciens tels que le modèle de Karasek (Job-Demand Control – Karasek, 1979 ; Karasek & Theorell, 1990) ou encore celui de Siegrist (Effort-Reward Imbalance – Siegrist, 1996 ; Siegrist, Wege, Pühlhofer & Wahrendorf, 2008 – pour la version courte).
I – Le COPSOQ : un questionnaire conçu pour analyser le travail dans sa globalité
a) Un cadre d’analyse multidimensionnel
Le questionnaire COPSOQ a pour but l’évaluation des facteurs psychosociaux de l’environnement de travail, qu’il s’agisse directement des conditions de travail (autonomie, répétitivité des tâches, latitude décisionnelle, relations avec la hiérarchie et avec les collègues…), de la santé physique et mentale des collaborateur/trices ou encore plus largement de leur bien-être.
Ce questionnaire RPS vise ainsi à couvrir l’ensemble des dimensions du travail susceptibles d’influencer la santé, le bien-être et l’engagement des salarié.es.
Pour cela, la version française actuelle comprend :
- 46 items
- 24 échelles
- qui couvrent 6 domaines d’analyse complémentaires
Cette structure permet ainsi une lecture fine des causes organisationnelles des RPS, mais aussi de leurs conséquences sur le vécu et la santé au travail.
b) Un outil au service de la décision
La validation française du COPSOQ repose sur une enquête menée auprès de plus de 3 000 salariés, avec des analyses psychométriques solides (structure factorielle, validité concourante, capacité discriminante) .
Pour les organisations, cela signifie disposer :
- d’un outil standardisé, comparable dans le temps,
- d’une base fiable pour des analyses statistiques avancées,
- et d’indicateurs exploitables pour alimenter le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), les démarches RPS et QVCT.
Dans une logique études, le COPSOQ prend toute sa valeur lorsqu’il est intégré à une démarche d’enquête structurée, combinant segmentation des populations, croisements de variables et restitution claire des résultats.
Au-delà de dresser le bilan global de la situation au sein d’une entreprise, il s’agira en effet d’identifier les services/unités ou bien les métiers/fonctions parmi lesquel.les les risques sont les plus élevés. De la même façon, l’identification des services/unités ou métiers/fonctions qui semblent le moins soumis à la présence de risques psycho-sociaux permettra de comprendre quels sont les éléments qui représentent des facteurs de protection (effet tampon, « buffer effect ») pour les collaborateur/trices. Ces enseignements permettant in fine de construire des plans d’actions efficaces qui permettront une amélioration de la situation.
II – Les 6 domaines d’analyse du COPSOQ
a) Les contraintes quantitatives
Le premier domaine analysé par le questionnaire COPSOQ fait référence aux contraintes quantitatives. Ce domaine analyse la charge de travail, le rythme et les exigences cognitives.
Ainsi, dans une enquête interne, des scores élevés à ces types de questions peuvent révéler des exigences opérationnelles trop élevées, nécessitant une analyse organisationnelle plutôt qu’individuelle.
b) Autonomie et marges de manœuvre
Le COPSOQ mesure également la capacité des salariés à agir sur leur travail, apprendre et prendre des initiatives. C’est le domaine de l’autonomie.
L’autonomie influence fortement le vécu professionnel, indépendamment du niveau de charge de travail. Il s’agit donc d’un enseignement clé pour orienter les plans d’action QVCT.
c) Organisation et leadership
Ce domaine regroupe la clarté des rôles, la reconnaissance, l’équité, la qualité du management et la prévisibilité des décisions.
Les analyses issues de la validation française montrent que ce domaine est l’un des principaux déterminants de la satisfaction et de l’engagement au travail, ce qui en fait un levier prioritaire d’action.
d) Relations horizontales
Le quatrième domaine analyse pour le COPSOQ sont les relations horizontales. Cette dimension sociale permet de mettre en lumière le soutien entre collègues et la confiance au sein des équipes.
Dans les études RPS, ce facteur joue souvent un rôle d’amortisseur / de tampon, limitant l’impact des contraintes organisationnelles sur la santé psychologique (effet « buffer »).
e) Vécu professionnel
Ensuite, le vécu professionnel du salarié est le cinquième domaine analysé par le Copenhagen Psychosocial Questionnaire. Sens du travail, engagement et satisfaction constituent ainsi des indicateurs clés du rapport subjectif au travail.
Le COPSOQ montre que le vécu professionnel agit comme un médiateur entre l’organisation du travail et la santé des salariés, ce qui renforce l’intérêt d’analyses croisées et segmentées.
f) Santé et bien-être
Enfin, ce questionnaire RPS permet de mesure la santé au travail. Stress, épuisement, exigences émotionnelles ou conflit vie professionnelle / vie privée permettent alors d’objectiver les conséquences des RPS.
La forte corrélation entre ce domaine et des échelles cliniques reconnues (anxiété, dépression, stress perçu…) confirme ainsi la validité scientifique du COPSOQ.
Conclusion : du diagnostic à l’action grâce à la donnée
Le COPSOQ illustre parfaitement l’intérêt d’une approche outillée et méthodologique de la prévention des risques psychosociaux. En objectivant des réalités souvent perçues comme subjectives, il permet aux organisations de fonder leurs décisions sur des données fiables, comparables et actionnables.
Dans un contexte où la qualité de vie au travail devient un enjeu stratégique, la capacité à mesurer et analyser les RPS constitue un levier essentiel qui représente la première marche vers une performance durable.
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