Etudes internes : effets de l’outil de mesure sur les résultats

Avec l’essor des études internes et la multiplication des approches d’évaluation de climat social, la recherche académique s’est penchée sur l’impact du choix de ces outils sur les données recueillies et sur les résultats.

Ainsi, des psychologues suisses [*] des universités de Genève et Neuchâtel ont réalisé une étude comparative de quatre instruments de mesure qui peuvent être utilisés pour mesurer la satisfaction au travail.

Tous développés et validés par de sérieux travaux publiés dans des revues scientifiques de renom, les quatre outils évalués sont les suivants :

  • le Minnesota Satisfaction Questionnaire (MSQ)
  • l’échelle de Satisfaction de Vie Professionnelle (ESVP)
  • l’échelle de Satisfaction globale au travail (ESGT)
  • l’échelle de Baillod et Semmer (PUR)

L’ensemble de ces échelles - accompagné d’autres mesures de perception du travail et de tests de personnalité - a été compilé dans trois livrets et soumis à un échantillon de 300 employés de la fonction publique en Suisse Romande : postiers, secrétaires, agents de détention et enseignants-chercheurs. Les questionnaires ont été distribués en main propre et la participation donnait accès à une tombola.

Les résultats sont quelque peu surprenants car ils montrent que certaines conclusions peuvent varier en fonction du questionnaire utilisé pour mesurer la satisfaction au travail.

Par exemple, si l’on se réfère au MSQ et au PUR, les femmes seraient significativement plus satisfaites que les hommes. Les deux autres instruments ne conduisent à aucune différence.

De même, la variable « lieu de contrôle » présente des résultats différents selon le questionnaire mobilisé. Le lieu de contrôle interne est significatif seulement pour l’ESVP et le MSQ et non pour les deux autres échelles. Rappelons que le lieu de contrôle représente la perception du degré de contrôle de sa vie. Il est dit « interne » si l’on pense que l’on a soi-même la capacité d’orienter sa vie, ou « externe » si l’on croit que celle-ci est surtout guidée par les autres, le hasard ou la destinée.

A partir de ces éléments et d’une série de comparaisons, portant sur des facteurs liés au travail mais aussi sur des critères liés à la personne, les auteurs concluent que les différentes échelles ne se réfèrent pas exactement aux mêmes définitions de la satisfaction au travail et appellent les chercheurs à parvenir à un consensus dans le futur.

Pour finir, nous recommanderons de notre côté aux praticiens d’avoir conscience des possibles différences de résultats en fonction de l’outil mobilisé. Nous suggérons de repérer plusieurs échelles de mesure et de choisir collectivement celle qui correspond le mieux à la définition la mieux partagée au sein de leur organisation.

[*] Référence : Iglesias Katia, Renaud Olivier et Tschan Franziska (2010), La satisfaction au travail: une conséquence du choix des outils statistiques et des instruments de mesure en GRH, Revue internationale de psychosociologie, 16(40) : 245-270.

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