Reflets sur la "Démocratie" dans les pays du pourtour méditerranéen

Marquée par le printemps arabe, l'année 2011 a été l'occasion de déployer une vaste enquête sur les représentations de la "démocratie". Menée par des universitaires français et tunisiens avec le soutien technique et scientifique de Sphinx, son principe est original : interroger symétriquement les pays du nord et les pays du sud méditerranéen sur la même notion. De façon à bénéficier de l’effet miroir des uns sur les autres et à tordre le cou aux clichés. Le succès de cette enquête en ligne met lui-même en avant la place des nouveaux médias dans ce sujet brûlant.

La démocratie au prisme d'une enquête en ligne multilingue

L'enquête, lancée en avril 2011, comprend deux volets : le premier vise à étudier les représentations sociales de la démocratie sur les deux rives de la méditerranée, le second cherche à identifier les acteurs et les médias impliqués dans ces révolutions. Pour les traiter, la méthode de l'enquête en ligne s'est avérée essentielle. Très rapidement, des répondants des pays du Maghreb comme des pays européens se sont retrouvés confrontés au même questionnaire, traduit en français, en anglais ou en arable. Au final, plus de 800 personnes ont répondu au questionnaire. Un questionnaire qui, introduit par un mur d"images - de symboles, de photographies, de stéréotypes voire de caricatures de la démocratie ou des atteintes qui lui sont portées - a permis de recueillir des réactions spontanées et d'évaluer des opinions et des comportements.

Les nouveaux médias en première ligne

Autant de thèmes comme la liberté, la jeunesse, la politique, le pouvoir, la loi, les forces de l'ordre, la violence, les classes sociales, la vie quotidienne, le travail, la consommation, les médias, les oppositions homme/femme, ou Nord/Sud, émergent dans l'enquête. Ils participent à dessiner des géographies symboliques différentes de la démocratie selon les rives de la Méditerranées et à avancer, de manière quasi-consensuelle pour les deux rives, les principales raisons des manifestations d'émancipation en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Lybie ou encore au Yémen.

Mais le résultat le plus saillant de cette enquête est ailleurs. Il projette sur la scène les nouveaux moyens de communication - la téléphonie mobile, la vidéo, Internet, le Web 2.0 et les réseaux sociaux : Twitter, Facebook, Youtube, etc. - dont le rôle dans le printemps arabe et dans les aspirations à la démocratie se sont révélés cruciaux. Ce sont eux qui semblent le plus influer sur les représentations des événements et sur la démocratie à l'œuvre. Dans quelle mesure ? Leur poids ne se résout pas à leur aspect technique. Il repose plutôt sur les usages qui en ont été faits, notamment par les jeunes, très mobilisés, et sur la logique socio-organisationnelle à l'œuvre à travers eux.

L'accès à la démocratie via des pratiques de la modernité ?

C'est ici que l'enquête pointe des divergences de perception des répondants en fonction de leur territoire d'appartenance (observateurs ou acteurs des événements). Les images clés des événements, le rôle des médias dans ces événements et l'utilisation faite des supports d'information ne sont pas les mêmes. Sur la rive sud de la méditerranée, on a privilégié les nouveaux médias (e-mails, Internet et réseaux sociaux) alors que sur la rive nord (du côté des observateurs), on a plutôt utilisé des supports assez classiques, tels que la radio ou la télévision, pour s’informer sur les événements du printemps arabe. En revanche, unanimement, les blogs, Internet, les vidéos et les réseaux sociaux sont considérés comme les médias ayant joué un rôle majeur dans ces événements.

Ainsi, au delà des clivages de culture nord/sud qui apparaissent au travers des représentations de la démocratie, les résultats s'orientent vers des oppositions d’usages, de pratiques de la modernité et de groupes sociaux. Les nouveaux médias ne s'affirment-ils pas comme un accélérateur de la démocratie ?

Cliquer sur le lien pour visionner l’enquête en ligne :
http://www.sphinxonline.net/IregeSI/reflets/questionnaire.htm

Groupe de chercheurs :

Projet «Reflets Méditerranéens» composé de Jean MOSCAROLA (Professeur, Université de Savoie), Cécile PERRET (Maître de conférences, Université de Savoie), Younès BOUGHZALA (Chercheur associé - Consultant, Université de Savoie - Le Sphinx), Meriam KARAA (Maître de conférences, IUT de Quimper, Université de Bretagne Occidentale), Inès BOUZID (Chercheur associé, Université Paris-Dauphine), Delphine MIEGE (Docteur - Consultante, Le Sphinx), Pascal MOLINER (Professeur, Université de Montpellier III), Abdelfattah TRIKI (Professeur, Institut Supérieur de Gestion de Tunis).». Ce projet est mené avec le soutien logiciel et technique de la société Le Sphinx.

>>> Plus d'informations sur www.lesphinx.eu

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