Tirer parti des corpus de textes : un enjeu majeur pour enrichir des résultats

  • Titre de la communication : Sphinx Quali : un nouvel outil d’analyses textuelles et sémantiques
  • Auteurs : Younès Boughzala, Jean Moscarola, Mathilde Hervé
  • Conférence : JADT 2014 : 12es Journées internationales d’Analyse statistique des Données Textuelles, 3 - 6 juin 2014, Paris : www.aftal.fr/jadt2014/

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A travers une présentation constructive et critique, l’objectif de cette communication est de présenter le logiciel d’Analyses des Données Textuelles (ADT) : « Sphinx Quali ». C’est un outil permettant d’analyser des corpus très volumineux de diverses origines (questions ouvertes, articles scientifiques ou de presse, écrits historiques, entretiens libres ou semi-directifs, sites Web, forums, pages réseaux sociaux…), et de combiner des synthèses automatiques, des analyses de contenu et des fouilles de texte. En effet, en se référant à trois courants différents, à savoir les CAQDAS, les outils de traitement automatique des langues et les moteurs de recherche Web, ce logiciel intègre trois types d’approches de plus en plus complémentaires : lexicales, sémantiques et statistiques.

Présenté lors des 12es Journées internationales d’Analyse statistique des Données Textuelles (JADT 2014), ce papier a mis en évidence les principales innovations : l’utilisation des moteurs sémantiques (thésaurus, ontologies, analyse des sentiments), les moteurs lexicaux et statistiques (classification hiérarchique descendante, sélection de verbatim) et l’apprentissage et l’extension automatique de codification de contenu. La présentation des principales innovations s’est appui sur des exemples permettant d’apprécier la portée et les limites de ce nouveau logiciel.

 

           

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Compte-rendu du Prix de thèse Sphinx 2014

1. Prix de thèse Sphinx

Dans le cadre de sa politique d’encouragement de l’enseignement et de la recherche universitaire, la société Le Sphinx (www.lesphinx.eu) décerne chaque année deux prix aux meilleurs travaux doctoraux en sciences de gestion, en sciences de l’Information et de la Communication et en sciences de l’Education.

Le Prix de thèse Sphinx a pour but de distinguer de jeunes chercheurs dont les travaux sont d’une grande qualité scientifique et notamment méthodologique. L’objectif est de valoriser la recherche et les publications scientifiques et de renforcer la collaboration entre les grandes écoles/universités et la société Le Sphinx dans le domaine des techniques d’enquêtes et de l’analyse des données. Les thèses éligibles doivent être rédigées en langue française et avoir été soutenues dans une université française ou francophone.

Les critères pris en compte par le jury pour sélectionner les lauréats sont notamment la pertinence des résultats, l'originalité et la richesse des méthodes utilisées lors de l’étude empirique (combinaison des approches Quali/Quanti, protocoles innovants de collecte et d’analyse, expérimentation…), l'impact théorique et managérial des résultats obtenus, et la qualité de la rédaction. L’usage des logiciels Sphinx n’est pas un critère de sélection pour ce prix.

Pour consulter l’appel à candidatures : http://infos.lesphinx.eu/infos/Prixdethese2014.pdf

2. Compte-rendu

La procédure de sélection est piloté par Dr. Younès Boughzala (Chercheur associé/Consultant - Université de Savoie/Le Sphinx) et présidé par Pr. Jean Moscarola, professeur émérite à l’Université de Grenoble. 20 enseignants-chercheurs d’institutions françaises ou étrangères sont sollicités dans le cadre du processus de sélection.

La procédure de sélection se déroule en trois étapes : l’information sur la production d’un dossier de Prix thèse, une étape de pré-sélection et une étape de désignation des deux lauréats.

Étape 1 : Envoi des dossiers : Les dossiers étaient envoyés avant le 25 août par voie postale et électronique.

Au total, 12 dossiers de candidatures ont été reçus dont 10 dossiers complets et par conséquent retenus pour le Prix de thèse Sphinx 2014. 5 thèses en Marketing, 1 thèse en Systèmes d’Information, 2 thèses en Stratégie, 1 thèse en Information Communication et 1 thèse en Finance.

Ces candidatures proviennent des universités françaises et francophones suivantes : Université de Grenoble (2), Université Aix-Marseille (2), Université de Toulouse (1), Université de Bourgogne (1), Université de Rennes I (1), Université de Genève (1), Télécom Ecole Management (1), Université Ibn Zohr Agadir (1).

Étape 2 : Pré-sélection : Cette phase consiste à sélectionner, par un jury restreint présidé par Pr. Jean Moscarola, les finalistes sur la base des critères définis dans l’appel à candidature. Le jury de pré-sélection s'est tenu le 15 septembre 2004 et a retenu 5 finalistes.

Toutes les thèses se distinguent par une grande qualité et rigueur méthodologiques. 70% des travaux combine l’approche qualitative avec l’approche quantitative. 30% des candidats utilise les logiciels Sphinx.

Étape 3 : Sélection des lauréats : Pour la troisième étape de sélection, le président a constitué une liste d’évaluateurs. Quelques règles ont été définies :

  • Les directeurs de thèse des candidats ne peuvent pas faire partie des évaluateurs,
  • Les évaluateurs ne font pas partie du jury de thèse du candidat et n’appartiennent pas au même laboratoire,
  • L’évaluation de la qualité des thèses est réalisée sur la base d’une grille préparée par le président du jury. Elle est effectuée au moins par deux évaluateurs,
  • La désignation des évaluateurs est effectuée par le président en fonction des compétences perçues des rapporteurs sur le sujet de la thèse,
  • Les évaluateurs disposent de deux mois pour évaluer les dossiers sur la base de 16 critères, formulent un jugement global sur la même échelle et fournissent des commentaires.

Cette phase consiste à choisir les deux lauréats du Prix parmi les 5 finalistes. Les membres du jury ont reçu les dossiers à évaluer et la grille d’évaluation au cours du mois de septembre. Après concertation à distance entre le président du jury et les membres du jury, le président proposera les noms des deux lauréats du Prix. Il transmettra ensuite les résultats au comité d’organisation.

3. Finalistes

Sur les 10 candidatures retenues, 5 thèses ont été retenues. Les résultats de la première phase de sélection ont été annoncés le 17 septembre 2014. Les finalistes sont :

  • Tatiana HENRIQUEZ, Université de Bourgogne, «Analyse du processus d’adoption d’une nouvelle forme de vente : contribution de la socialisation organisationnelle», sous la direction du Pr. Marc FILSER.
  • Fabienne CHAMEROY, Université Aix-Marseille, «Les effets du label sur la qualité perçue, les relations à la marque et le consentement à payer », sous la direction des Pr. Jean-Louis CHANDON et Lucien VERAN.
  • Sylvie BORAU, Université de Toulouse, «Les femmes et les images de beauté féminine : bien être et efficacité publicitaire», sous la direction du Pr. Eric VERNETTE.
  • Mathieu LAJANTE, Université de Rennes I, «Contribution des neurosciences à l’étude de l’émotion en persuasion publicitaire : concepts, méthodes et mesures», sous la direction du Pr. Olivier DROULERS.
  • Sandra DUBOULOZ, Université de Grenoble, «L’innovation organisationnelle : antécédents et complémentarité. Une approche intégrative appliquée au Lean Management », sous la direction des Pr. Rachel BOCQUET et Caroline MOTHE.

Les lauréats :

Après examen des évaluations et concertation avec les membres de jury, le président de jury Pr. Jean Moscarola s’est réuni avec le comité d’organisation le 5 janvier 2015 et a retenu deux lauréats :

Le premier prix de 1000 euros sera attribué à Mme Sylvie BORAU pour sa thèse intitulée «Les femmes et les images de la beauté féminine : bien-être et efficacité publicitaire» (Université de Toulouse). Ce travail de grande qualité se distingue particulièrement par l’originalité et la pertinence du sujet et la rigueur de l’étude empirique. Sur le plan méthodologique, c’est un très bon exemple de combinaison des approches qualitatives (récits, histoires projectives et entretiens approfondies) et quantitatives (2 expérimentations avec des échantillons de 788 et 800 personnes) pour la collecte et l’analyse de données. Les analyses sont effectués avec les logiciels SPSS et AMOS. Les résultats et implications de ce travail sont très intéressants puisqu’ils proposent des solutions afin de diminuer l’impact négatif que les communications des marques peuvent avoir sur le bien-être des femmes.

Le second prix de 500 euros sera attribué à Mme Fabienne CHAMEROY pour sa thèse intitulée «Les effets du label sur la qualité perçue, les relations à la marque et le consentement à payer» (Université Aix-Marseille). Ce travail se distingue par une très bonne connaissance de la problématique étudiée, la qualité des outils de recherche mobilisés (combinaison des approches qualitative et quantitative), la taille de l’échantillon (1000), le parcours professionnel de la candidate et le potentiel de publication. Les logiciels utilisés sont : SPHINX, SPSS et AMOS.

La remise des prix sera effectuée lors d’une manifestation professionnelle Sphinx courant le premier semestre 2015.

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La grande enquête sur les valeurs et l'engagement en partenariat avec Radio France : extraits de témoignages


Voici une sélection parmi les nombreux témoignages obtenus à la question "Pour qui, pour quoi êtes-vous prêts à risquer ou à donner votre vie aujourd'hui ?", posée par Sphinx Institute et Radio France, dans le cadre d'une grande enquête participative internationale :

"Quand ne rien faire contre une situation m’empêcherait de me regarder dans un miroir. J'espère que je ferai le choix de risquer ma vie mais on ne peut pas savoir à l'avance si on va se comporter en lâche ou pas. Mes grands-parents (résistants pendant la 2e GM) m'ont dit que ce sont les évènements qui les ont conduits à leur actions, leurs choix étaient toujours évidents. Si on leur avait posé la question à l'avance peut être auraient ils répondus non." (Une femme - De 35 à 54 ans - Cadre, profession intellectuelle sup. - Plutôt à gauche - Agnostique)

"Je pourrais donner ma vie dans la lutte armée si le monde devenait un espace ou je ne peux plus vivre avec les miens, ou si des révolutions ou de guerres m'obligeaient à prendre position. Je donnerais ma vie sans hésiter pour mon enfant ou pour mes amis intimes, mon frère et ses enfants (en situation extrême bien sûr). Je pourrais donner ma vie pour sauver des enfants aussi, mais peut être le courage serait plus difficile à avoir." (Une femme - De 35 à 54 ans - Profession intermédiaire - Plutôt à gauche - Agnostique)

"Risquer ma vie pour ne pas se perdre dans la folie du court terme qui oriente nos choix et nos actions.
Risquer ma vie pour laisser une planète "vivable"  à mes enfants et mes petits enfants  ( à venir ...;)
Risquer ma vie contre l'injustice, la violence et les mensonges
Risquer ma vie pour d'autres ....
Mais pourtant vivre intensément chaque instant de cette vie si formidable pourvu qu'elle soit au service du bien commun !!!" (Un homme - De 35 à 54 ans - Cadre, profession intellectuelle sup. - Plutôt à gauche - Croyant)

"Je suis prête à donner ma vie pour une 6ème république sociale, solidaire et écologique, pour le renversement du capitalisme, pour un profond changement de la société qui nous amènera vers plus d'égalité, de justice, de liberté, d'écologie.
Je suis prête à donner ma vie pour mon idéal de société, pour que les suivants ait une vie meilleure." (Une femme - Moins de 35 ans - Autre sans activité professionnelle - Plutôt à gauche - Athée)

"Parler de sacrifice n'est pas trop fort il me semble qu'un engagement pour la justice la paix et l'écologie doit et peut demander un sacrifice. Ce qui me pousserait à me sacrifier une cause juste et ayant des conséquences indubitables sur le devenir de nos enfants, de l'Humanité. Je crois en l'Homme ........" (Une femme - De 35 à 54 ans - Profession intermédiaire - Plutôt à droite - Agnostique)

"J'imagine que s'il m'arrivait de devoir faire face à une situation réellement critique, où la présence physique serait nécessitée mais risquée de par là même sa présence, afin de contrer l'arrivée d'un fléaux radical qui s'oppose à mes idéaux, alors la question de l'engagement physique de poserait. Ces fléaux sont:
- le fascisme
- la lutte pour les droits de l'homme
Défendre les miens" (Une femme - Moins de 35 ans - Cadre, profession intellectuelle sup. - Plutôt à gauche - Athée)

"Après la défense de ses proches, on doit pouvoir donner sa vie pour des idéaux, pour défendre ce à quoi l'on croit : la défense du bien commun, de l'intérêt de tous... Des valeurs de partage, d'ouverture, d'égalité, de fraternité et de solidarité..." (Un homme - De 35 à 54 ans - Cadre, profession intellectuelle sup. - Plutôt à gauche - Athée)

"Les raisons qui me poussent à le faire sont mon idéal, mes principes, ma soif de justice pour ma famille, mes amis mais aussi pour ceux qui peuvent être injustement persécutés ou qu'on maltraite, qu'on méprise, qu'on exploite. Pour la liberté, l'égalité, la fraternité!" (Une femme - 55 ans et plus - Retraité - Plutôt à gauche - Agnostique)

"Quand la situation devient insupportable, que l'être humain n'est plus respecté, qu'un régime plonge dans l'obscurantisme. L'Histoire nous a montré qu'il fallait risqué sa vie dans ces moments-là : 2ème guerre mondiale, guerre civile espagnole, commune de paris..." (Un homme - Moins de 35 ans - Cadre, profession intellectuelle sup. - Plutôt à gauche - Athée)

"Pour vous qui êtes un peu de moi, pour moi qui aimerait être une partie de vous.
Pour ne pas avoir un jour besoin d'être juge ou bourreau.
Pour elle, qui m'interroge et pour qui je veux être meilleur.
Pour elle, qui ne me juge pas et qui accepte mes actes.
Pour ma fille, pour nos enfants qui ne sont que les prisonniers de nos actions." (Un homme - De 35 à 54 ans - Cadre, profession intellectuelle sup. - Plutôt à droite - Agnostique)

Retrouvez le programme et les podcasts des émissions spéciales de la journée événement du 2 juin 2014 en direct du Théâtre du Rond-Point, retransmise sur les antenne de Radio France  :

http://espacepublic.radiofrance.fr/evenement-journee-du-2-juin-au-theatre-du-rond-point

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La mobilité en question : comparaison des résultats à une enquête web obtenus par l'intermédiaire de périphériques mobiles et d’ordinateurs


Avec la généralisation des smartphones et des tablettes équipés de navigateurs mobiles, la possibilité d’administrer des enquêtes mobiles a considérablement augmenté. Pour étudier l'effet possible de ce mode d’administration sur le comportement de réponse, les chercheurs hollandais Marika de Bruijne et Arnaud Wijnant ont comparé en 2013 les résultats à une même enquête, administrée comparativement sur périphériques mobiles et sur ordinateurs. Celle-ci porte sur la pratique elle-même des dispositifs mobiles et d’Internet.

Au sein d’un panel sélectionné de possesseurs de périphériques mobiles avec accès Internet, les utilisateurs se sont vus assignés de manière aléatoire les trois conditions d’enquêtes suivantes :

  • Groupe « Ordinateur » : questionnaire web traditionnel, avec consigne d’y répondre par ordinateur.
  • Groupe « Mobile » : questionnaire web optimisé pour le mobile, avec consigne d’y répondre via un mobile
  • Groupe « Hybride » : questionnaire web optimisé pour le mobile, avec la consigne d’y répondre par ordinateur

Une attention particulière est accordée au design du questionnaire web mobile, prenant en considération la petite taille de l'écran et les fonctionnalités typiques des écrans tactiles.

Lors de l’analyse des résultats, il apparaît tout d’abord de façon sensible que certains répondants ont ignoré la consigne les incitant à répondre à l'enquête selon l’un ou l’autre des modes prévus. Certains répondants en condition « Mobile » ont répondu via un ordinateur, et, à l’inverse, certains répondants en condition « Ordinateur » y ont répondu en utilisant un périphérique mobile, et principalement une tablette. L’étude pointe en cela que les chercheurs doivent prendre en considération que tous les répondants ne sont pas susceptibles de suivre les instructions données pour répondre au questionnaire, si des alternatives sont disponibles.

L’étude pointe surtout que le fait de répondre à l'enquête par l'intermédiaire des dispositifs mobiles - smartphones ou tablettes – ne conduit à aucune différence notoire de résultats par rapport au mode de réponse par ordinateur. Le comportement de réponse ne semble pas varier de manière significative en fonction du mode de réponse.

En revanche, le taux de réponse par l'intermédiaire du groupe « Mobile » s’est avéré inférieur à celui du groupe « Ordinateur ». Ceci est probablement en partie dû au fait que les répondants, sélectionnés au sein d’un panel habitué à être sollicité pour des enquêtes en ligne, sont habitués à répondre aux enquêtes par ordinateur et que l'invitation a été envoyée par email, le plus souvent lu sur un ordinateur. La grande majorité des répondants par mobiles ont répondu à l'enquête à la maison, et, là encore, ils étaient susceptibles d'être influencés par l’habitude de remplir une enquête par ordinateur. Il apparaît par conséquent que des enquêtes web mobiles conduites sur des échantillons de populations non habituées à répondre à des enquêtes et qu’une recherche sur l'effet des invitations à répondre via des canaux réservés aux mobile, tels que que les SMS, garantiraient une meilleure image de la promptitude de la  population globale à participer aux enquêtes mobiles.

Cette recherche montre également que les répondants du groupe « Mobile » ont évalué l'enquête comme étant plus longue que les répondants du groupe « Ordinateur ». Le temps objectif d'achèvement de l’enquête, comptabilisé grâce à des indicateurs horaires, concorde avec ces résultats. Ceci signifie que l'enquête mobile exige plus d'effort de la part du répondant, ce qui peut s’expliquer par la vitesse moins rapide de chargement des pages, par la connexion Internet plus lente, et par une plus grande difficulté de manipulation et d’ergonomie. Cependant, quand les répondants ont évalué le questionnaire sur des aspects tels que sa difficulté, sa clarté, et le plaisir à y répondre, le groupe « Mobile » n'a pas rapporté de différence significative de satisfaction par rapport au groupe « Ordinateur ». Comme cette évaluation n’a concerné que les répondants ayant rempli l’intégralité du questionnaire, une recherche complémentaire sur les motivations des non-répondants et sur les raisons de ne pas participer à une enquête mobile serait nécessaire.

Quand les répondants ont été interrogés sur le dispositif qu’ils emploient la plupart du temps pour accéder à Internet, le taux d’utilisation de l’Internet mobile s’est révélé beaucoup plus élevé parmi le groupe  « Mobile » . Mais lors du contrôle de ce résultat en répétant la question plus tard via un ordinateur, cette différence a disparu, montrant en cela que l’auto-évaluation de la pratique d’Internet mobile est sensiblement influencée par le mode utilisé lorsque l’on est interrogé sur ce point.

De manière générale, presque toutes les expériences menées sur les enquêtes Web mobiles soulignent les difficultés dues aux petites tailles des écrans. Cependant, les tailles moyennes d’écran augmentent et, comme une première recherche l’a démontré (Sweeney et Crestani, 2006), les textes courts sont plus efficaces non seulement sur de petits écrans mais sur toutes les tailles d'écran. En conséquence, quand la mise en forme du questionnaire est adaptée aux navigateurs mobiles et que la longueur du texte de la question est délibérément restreinte, aucune difficulté majeure n’a jamais été prouvée sur les dispositifs mobiles à cet égard. En fait, les problèmes posés par la capacité limitée d'écran des périphériques mobiles ont beaucoup en commun avec ceux des débuts de l'ère des enquêtes Web, quand les écrans d'ordinateur étaient de moins bonne qualité qu'aujourd'hui.

Cette recherche montre enfin que les enquêtes mobiles pointent d'autres nouveaux enjeux. Comme les résultats l’indiquent, les gens aiment choisir leur propre dispositif pour répondre à une enquête en ligne, celui-ci étant probablement corrélé au dispositif sur lequel ils lisent l'invitation. C’est pourquoi, de nos jours, limiter des enquêtes à un type unique de dispositif peut apparaître artificiel pour un internaute qui fonctionne à l’intuition. L’hétérogénéité des environnements technologiques des enquêtes en ligne continue à accroître, parallèlement au développement actuel de nouveaux équipements mobiles, de moins en moins faciles à distinguer les uns des autres. Ceci impose aux chercheurs de définir clairement l’objet et les conditions d’expériences de leur recherche, car cela devient également un véritable défi que de contrôler les conditions de réponse aux enquêtes en ligne dans les expériences hétérogène et multifactorielles du monde réel.  De nombreuses perspectives plus ciblées s’ouvrent par conséquent à la recherche pour décrire les relations entre l'utilisation du Web mobile en général et les processus de réponse aux enquêtes mobiles en particulier.

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Détecter la tonalité sur Twitter : un sujet de recherche des plus sérieux

Depuis l’émergence des techniques d’analyse automatique des sentiments, les offres se sont multipliées, décuplant les attentes des clients potentiels et élargissant les domaines d’application. L’une des disciplines en expansion est la détection des tonalités des messages émis sur les microblogs. En effet, les plateformes de microblogging, particulièrement Twitter, limitent la longueur des publications à un certain nombre de caractères, augmentant la quantité de celles-ci. N’étant plus soumises à un style formel, ces publications expriment généralement une seule idée en 140 caractères, de manière explicite et donc facilement exploitable par l’analyse des sentiments. Ces analyses peuvent par la suite servir d’outil aux entreprises qui veulent connaître l’image de leur marque, ou de leurs produits.

Un ouvrage récent, intitulé « Opinion mining et Sentiment analysis – méthodes et outils », rédigé par Dominique Boullier et Audrey Lohard, présente dans un chapitre dédié quelques services destinés à analyser la tonalité des tweets, résultant de la recherche de certains laboratoires académiques.

Différentes techniques d’analyse

Parmi eux figure un outil qui s’appelait à l’origine Twitter Sentiment, rebaptisé ensuite Sentiment140. Il s’agir d’un service en ligne gratuit, créé par trois étudiants en Computer Sciences de l’Université de Stanford (Alec Go, Richa Bhayani et Lei Huang), qui permet, en tapant un mot-clé (produit, marque…), d’effectuer la recherche de l’opinion générale exprimée via Twitter sur le sujet.

En prenant l’exemple du mot-clé « McDonald », le moteur affiche les derniers Tweets postés (en anglais ou espagnol uniquement) en mesurant la part de positif et de négatif, le tout agrémenté de diagrammes et graphiques.

Les auteurs relèvent que cet outil, contrairement à la plupart des autres, n’utilise pas de listes de mots positifs ou négatifs mais est fondé sur une approche par apprentissage. Cette procédure consiste à faire travailler la machine sur un corpus test pour « s’entraîner » à détecter des expressions subjectives, des modèles ou des motifs dans le corpus. Elle doit être capable de retrouver ensuite ces modèles dans le corpus lui-même, voire d’en détecter de nouveaux, proches de ceux qu’elle connaît déjà.

Cette technique s’oppose, selon Boullier et Lohard, aux approches lexicales, qui utilisent des dictionnaires de mots subjectifs faisant office de référence universelle. Ces dictionnaires, tels que General Inquirer ou Opinion Finder, associent une polarité à chacun des mots, qui restera la même quelque soit le contexte. Le document analysé se voit alors attribuer un score d’opinion défini selon la présence de ces mots. Cette méthode est principalement utilisée pour classifier des textes sélectionnés, qui parlent de l’entité que l’ont veut analyser (exemple : critique d’un film). Elle consiste à détecter le terme (adjectif ou l’expression qualifiante) qui est en co-occurrence avec le sujet donné, souvent au sein de la même phrase. Bien que plus standardisée, cette approche est utilisée par de nombreux outils, tels que Twendz pro, également mentionné dans l’ouvrage.

Twendz Pro, dans sa version payante, se définit comme un outil marketing qui permet d’identifier les thèmes de conversation et d’en analyser les sentiments. Les auteurs précisent qu’il est possible également d’obtenir des informations sur les utilisateurs influents, de suivre les tendances en direct et de répondre aux Tweets en engageant la conversation.

Cependant, Boullier et Lauhard précisent que ce service propose une analyse du Tweet dans sa globalité et manque donc de précision relative.

Un enrichissement des ressources lexicales grâce à la sémantique

Malgré la brièveté du message, l’analyse d’un Tweet peut se révéler délicate, apparaissant parfois comme un message codé rempli de hashtags, émoticônes, abréviations, et anglicismes. Ces facteurs, ainsi que l’interactivité qu’implique le réseau social (réponse à un Tweet précédent, citation…), ne sont pas à négliger lors de l’analyse. Dominique Boullier et Audrey Lohard démontrent que l’utilisation des lexiques présente alors certaines limites :

  • Les dictionnaires affectent une tonalité positive ou négative à un mot, sans tenir compte du contexte, c’est-à-dire du texte environnant.
  • Le traitement des expressions ambiguës  demande de faire appel à d’autres techniques.
  • La négation n’est parfois pas prise en compte, ce qui fausse le score de polarité.
  • Il n’est pas possible de traiter des figures de rhétorique telles que le sarcasme ou l’ironie.

Pour corriger certains de ces défauts, les auteurs proposent de faire appel à des méthodes qui abordent la sémantique. En effet, les techniques mobilisant un moteur sémantique enrichissent considérablement les ressources lexicales, dans la mesure où l’on est capable, grâce aux algorithmes d’analyse, de prendre en compte des expressions entières et de reconstituer leur sens malgré des périphrases, des négations, ou des métaphores.

Un logiciel dédié à l’analyse sémantique

Cette méthode d’analyse, utilisée dans la solution Sphinx Quali, définit les conditions nécessaires pour passer du simple lexique au véritable sens du corpus. Elle exploite les notions de thésaurus (ensemble d’idées et de significations), et de réseau sémantique (relations entre éléments signifiants), qui permettent alors d’explorer un texte en identifiant les principaux concepts et en tenant compte du contexte auquel ils sont reliés. L’analyse des sentiments se trouve alors plus précise, tant dans l’orientation positive/négative et la nature du sentiment, que dans l’intensité dans laquelle il est exprimé.

Malgré ces avancées, quelques figures de rhétorique restent difficilement exploitables par  l’analyse automatique (telles que l’ironie évoquée plus haut), prouvant que les compétences d’un chargé d’études qualifié représentent un atout essentiel pour mener des études qualitatives pertinentes et des résultats communicables.

Sources :

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Les enquêtes en ligne pour reconsidérer l’opposition entre quali et quanti


Alors que la distinction entre les études dîtes « quali » et « quanti » est communément admise, Le Sphinx a toujours voulu démontrer, à travers ses solutions logicielles et ses prestations d’études, l’intérêt de combiner judicieusement le quali et le quanti. Cette démarche s’inscrit dans la lignée des recherches et publications de Daniel Bô, fondateur de l’institut QualiQuanti, qui mettent en évidence le caractère artificiel de cette opposition, notamment à travers le développement des enquêtes web.

Daniel Bô, PDG de l'institut QualiQuanti, HEC, utilisateur des études en ligne depuis 1998 et créateur du panel TestConso.fr en 2000, a mené plus de 800 études en ligne et a observé les pratiques en Europe comme aux Etats-Unis. Il en conclue que le débat concernant les études par Internet s’est beaucoup focalisé sur la question de la représentativité des échantillons, occultant partiellement un sujet-clé : le changement des conditions d’interrogation des interviewés.

L’auteur démontre alors que les enquêtes en ligne invitent à reconsidérer l’opposition entre quali et quanti, en proposant de regarder le sujet d’étude comme un « terrain à forer ». Le schéma ci-dessous, tiré de son livre blanc « Pour des études marketing vivantes », résume de manière simple son raisonnement. Avec le quali, on va très en profondeur dans l’analyse, mais en se limitant sur la taille de l’échantillon. Avec le quanti, on sonde des grandes populations, mais en restant plus en surface.

Le problème soulevé dans ses recherches est que les méthodes se sont construites comme des spécialités distinctes voire étanches, alors que la réalité à étudier est unique et indissociable.

Cette incompatibilité quali/quanti résulte d’une époque où l’informatique n’existait pas et où le traitement des verbatims était « manuel ». Aujourd’hui, l’informatique permet de traiter des masses de textes importantes et l’Internet facilite le recueil de données qualitatives à grande échelle. La lourdeur de recueil et de traitement des données ne constituent plus un obstacle. Il est ainsi prouvé qu’il n’est plus nécessaire de choisir entre la « force du nombre » et la « richesse de l’analyse » : on peut bénéficier des deux en même temps.

Aujourd'hui, il devient possible de faire du quali à grande échelle et du quanti en profondeur. Le tableau suivant, tiré du « Book des études online » de Daniel Bô, fournit quelques illustrations de ces techniques en plein essor. Les focus groupes en ligne sont des réunions de groupes animées sur Internet par le biais de logiciels de chat spécialisés (salons virtuels). Le « Bulletin Board », qui se traduit littéralement  par « bulletin d’information » ou « panneau d’affichage » consiste à établir un affichage progressif des réactions des consommateurs, en organisant de véritables discussions de groupe, à l’occasion desquelles les participants peuvent interagir.

Bulletin board = forum modéré

Focus Groupe Online = chat modéré

Asynchrone : les répondants répondent au moment où ils le souhaitent. Synchrone : l’animateur donne RV à une heure précise.
Durée : 3 à 15 jours. Durée : 1 heure 30.
25 questions par jour. 40 à 50 questions.
15 à 30 participants. 7 à 8 participants.
Combine différents modes d’interaction : interview individuel, discussions collectives, etc. Fonctionne comme un groupe virtuel où les consommateurs échangent leurs opinions par écrit.
Tous les jours, le modérateur lance de nouvelles séries de questions, qui tiennent compte des nouvelles expériences des interviewés et des réponses de la veille. L’étude se déroule dans un temps limité, où les participants répondent aux questions et réagissent aux stimuli et aux réponses des autres participants.
Réponses de plusieurs paragraphes. Réponses plus brèves de 2 à 3 lignes.

On remarque notamment que le temps alloué dans un « Bulletin Board » permet aux répondants de réfléchir et exposer leurs expériences et ressentis de manière plus détaillée que lors d’un Focus Groupe Online où les minutes sont comptées. Cette durée supplémentaire permet d’obtenir des analyses plus riches en précision et en qualité. Le second avantage repose dans la méthodologie : les participants répondent en effet quand ils le souhaitent, ce qui est un atout non négligeable pour les études visant le BtoB, les cadres et plus généralement les personnes très actives.

Sources :

  • Daniel Bô, « Pour des études marketing vivantes » (Dernière édition : octobre 2010)
  • Daniel Bô, « Book des études online » (Dernière édition : mai 2012)

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Les incentives : une méthode éprouvée pour augmenter le taux de réponse aux enquêtes

Avec  l’essor exponentiel des e-questionnaires et la menace d’une certaine saturation de nos boîtes email, la question des « incentives » devient une préoccupation majeure pour les praticiens des enquêtes en ligne. Il s’agit de prévenir une chute annoncée des taux de réponse dans les années à venir, conformément à ce que l’on connait pour les études téléphoniques (déclin de 36% à 9% entre 1997 et 2012 aux Etats-Unis, selon le Pew Research Center for the People & the Press). Rappelons que, dans le jargon des études, un « incentive » est une contrepartie, prime en nature (cadeau) ou en espèces, qui a pour but de favoriser les réponses favorables à un message commercial ou ici à une enquête.

La professeure Anja Göritz, de l’Université de Freiburg en Allemagne, peut être considérée comme l’une des expertes internationales en matière de gestion des « incentives » pour les enquêtes en ligne. Dans un ouvrage récent, publié par la très sérieuse American Psychological Association, elle fait le point sur les connaissances actuelles dans le domaine.

On y apprend que les techniques incitatives les plus fréquemment employées sont les loteries, appelées aussi « tombolas » ou « sweepstakes ». Les autres formes d’incentives, plus rarement employées, sont une rétribution monétaire directe, un cadeau matériel, la donation à une œuvre caritative, des points cadeaux, ou la transmission des résultats de l’étude. La grande majorité des « incentives » mis en place pour les enquêtes Web sont promis et non « pré-payés », comme c’est parfois le cas dans les enquêtes papier.

Une méta-analyse (synthèse de plusieurs études scientifiques) regroupant les résultats de 32 expérimentations a confirmé que les loteries augmentaient clairement le taux de réponse aux enquêtes en ligne. L’effet global atteindrait en moyenne +19%. Par ailleurs, avec ces mêmes loteries, le taux de « rétention » augmenterait de plus de 26%. Rappelons que le taux de rétention enregistre le ratio entre les répondants ayant terminé l’enquête et le nombre de personnes ayant accédé au questionnaire.

Les loteries sont fortement recommandées pour des études ad-hoc mais il est démontré que l’on obtient de meilleurs résultats pour des panels en ligne (ou des études longitudinales) via les points cadeaux.  Il semble toutefois que le type d’incentive utilisé fasse peu varier la probabilité de répondre et d’aller jusqu’au bout de l’enquête. On observe cependant – dans le cas d’une tombola - que l’annonce d’un résultat rapide du tirage au sort augmente la motivation du répondant d’une façon significative. Ni les donations, ni la transmission des résultats de l’étude ne semblent - dans l’état actuel des connaissances  - obtenir des résultats vraiment concluants.

Selon Anja Göritz, les effets des techniques incitatives sont aujourd’hui reconnus sur les taux de réponse et de rétention mais on connait encore mal les impacts sur la qualité intrinsèque des réponses fournies : taux de remplissage (% des questions documentées sur l’ensemble des questions proposées), cohérence et variété des réponses, abondance des textes etc. Enfin, aucune étude n’a encore analysé les effets des combinaisons d’incentives. Autant de sujets à étudier dans des recherches à venir.

Sources documentaires:

La page personnelle de la professeure Anja Göritz : http://www.goeritz.net

Göritz, Anja S. (2011), Using lotteries, loyalty points, and other incentives to increase participant response and completion, in Advanced methods for conducting online behavioral research, Gosling, Samuel D. and Johnson, John A. editors, Washington DC, American Psychological Association, 219-233.

Göritz, Anja S. (2006), Cash Lotteries as Incentives in Online Panels, Social Science Computer Review, 24, 4, 445-459.

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Variations autour du protocole de collecte

Quand la recherche s'immisce dans le jeu d'expérience, elle mène souvent à des résultats intéressants. C'est ce que démontre une étude menée par Isabelle Frochot et Jean Moscarola sur le thème des stations de sports d'hiver, à l'IREGE de l'Université de Savoie. Au commencement, une enquête destinée à analyser la perception de ces stations, afin d'identifier ce qui les rend attractives...

 

Plan d'expérience :

La dimension ludique s'immisce au niveau du protocole, puisque la population test interrogée - constituée d'étudiants de l'Université de Savoie - se voit proposer de manière aléatoire quatre types de protocoles de recueil des données :

  • les premiers, en face-à-face, ont à réagir face à un mur d'images les invitant à sélectionner un thème au sein d'une fresque évoquant les stations de montagne.
  • les deuxièmes, en face-à-face, se voient proposer d'opérer une sélection parmi les mêmes thèmes, mais présentés sous forme textuelle sur des post-it.
  • Les troisièmes et quatrièmes sont quant à eux contactés par Internet, le protocole en ligne leur proposant de choisir leur favori parmi ces thèmes, présentés pour les uns en images et pour les autres en mots.

Tous sont ensuite invités à commenter leur choix et à proposer au final un slogan publicitaire correspondant à leur station de sports d'hiver idéale.

Quatre méthodes distinctes pour un même objectif de recherche : établir l'impact éventuel du protocole sur la nature des résultats.

Critères d'évaluation de l'impact des protocoles

Pour évaluer l'influence des protocoles sur les réponses, la problématique retient deux axes : efficacité de la collecte et qualité de la collecte.

  • Plusieurs critères définissent l'efficacité de la collecte : nombre de thèmes choisis, quantité d'information produite (moyenne par commentaire ou cumulée), longueur et richesse des slogans.
  • D'autres critères président à la qualité de la collecte : contenu lexical des commentaires et des slogans (lexiques et cartes d'association), et spécificité des commentaires et des slogans (éléments lexicaux sur-représentés).

Cette distinction est notamment importante en raison de la nature qualitative des données collectées.

Quels impacts du protocole ?

Les résultats sont imparables et prouvent que la nature de la méthodologie a de réels effets sur les données obtenues. Et ceux-ci sont d'ordres différents :

  1. Tout d'abord, le face-à-face et l'image favorisent nettement l'engagement dans la réponse à l'enquête, ce qui se perçoit au travers du nombre de thèmes choisis et commentés. Le protocole prévoit en effet que le répondant puisse choisir autant de thèmes à commenter qu'il le souhaite. On note que la présence en face-à-face est encore plus déterminante que le contenu en images.
  2. Deuxième résultat, le face-à-face et l'image conduisent à des réponses significativement plus longues qu'Internet et les mots (cf. longueur cumulée des réponses).
  3. Enfin, la longueur des réponses par thème dépend davantage du contenu que de la présence (cf. longueur moyenne des réponses par thème).

Par conséquent, les effets de la Présence et du Contenu se combinent et conduisent à une efficacité croissant avec l'intensité des influences : de l'internet mot, au face à face image, plus le protocole est "chaud", plus l'efficacité est grande.

On remarque également que sur Internet, l'effet amplificateur de l'image contribue à garder le répondant en alerte mais est moins net qu'en face-à-face, où il enclenche clairement une expression abondante.

A l'inverse, si l'on considère la créativité des slogans publicitaires proposés par les répondants, le face-à-face paraît inhiber – pour preuve des slogans beaucoup moins longs qu'en ligne. Sur Internet, sur cette tâche de production créative, l'accroche par les mots est plus stimulante que celle par les images, peut-être parce qu'elle enclenche déjà le discours...

Ski, fondue and fun !
Ambiance chaleureuse pour une détente heureuse
Des vacances fantastiques dans un cadre authentique
Des sapins, de la poudreuse, des amis, une bonne fondue.... vous y êtes !
Les plaisirs de la montagne ont différents visages...“

A chaque protocole son idéal de station de sports d'hiver ?

S'il est indéniable que la nature du protocole influence l'efficacité et la qualité des réponses, il est plus étonnant encore de s'apercevoir qu'elle impacte le contenu même des réponses.

Certes, le type de protocole n'a pas d'effet sur le contenu des thèmes choisis spontanément par les répondants. En revanche, il révèle des différences significatives sur les réponses elles-mêmes. Le champ lexical utilisé en est un bon exemple :

Au delà des références communes à la neige, au ski, à la piste et à la nature...

  • Le protocole en face-à-face oriente les réponses vers un champ lexical lié à la personne et à la montagne (cf. les notions de Montagne, sensation, personne, activité, plaisir...)
  • Le protocole Internet révèle un champ lexical autour du skieur et de la station (cf. les notions de Liberté, skieur, station)
  • Le protocole Images conduit aux notions d'espace et de liberté (Personne, neige, espace)
  • Le protocole Mots semble enfin orienter les réponses vers les idées de sensation et et de plaisir (les notions d'activité, surf, sapin, surfeur...)

Cette recherche met donc en évidence que le type de protocole utilisé est bien moins anodin qu'il n'y paraît. Elle montre combien le recueil de données qualitatives relève de techniques à la fois complexes et fécondes. Ces résultats ouvrent la voie aux enquêtes multi-protocoles, qui, en combinant les approches, garantiront des résultats d'autant plus riches.

Consultez le Web reporting de cette recherche en cliquant ici :

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Prix de thèse Sphinx 2012

1.   Présentation

Dans le cadre de sa politique d’encouragement de l’Enseignement et de la Recherche universitaire, la société Le Sphinx Développement distingue les meilleurs travaux doctoraux en Sciences économiques et de gestion (économie, finance, management, marketing, systèmes d’information, stratégie, ressources humaines, comptabilité…) et décerne son Prix Sphinx 2012. Ce prix a pour but de distinguer des jeunes chercheurs dont les travaux présentent une grande qualité scientifique et méthodologique. Son objectif est de valoriser la recherche et les publications scientifiques comme de renforcer la collaboration entre les grandes écoles et universités, d’une part, et la société Le Sphinx Développement, d’autre part, dans le domaine des techniques d’enquêtes et de l’analyse des données.

Les deux lauréats du Prix de thèse Sphinx reçoivent, respectivement, un prix de 1000 euros et de 500 euros.

Les thèses éligibles doivent avoir été soutenues entre janvier 2011 et décembre 2011 dans une université française ou francophone. Les critères pris en compte par le jury pour sélectionner les lauréats sont notamment :

  • la pertinence des résultats,
  • l'originalité et la richesse des méthodes utilisées lors de l’étude empirique (combinaison des approches Quali/Quanti, protocoles innovants de collecte et d’analyse, expérimentation…),
  • l'impact théorique et managérial des résultats obtenus,
  • et la qualité de la rédaction.

2.   Le jury

La procédure de sélection est pilotée par Younès BOUGHZALA (Chercheur associé / Consultant - Université de Savoie / Le Sphinx Développement) et présidée par Jean MOSCAROLA, Professeur émérite à l’Université de Savoie. Le jury est composé de 21 enseignants-chercheurs d’institutions françaises ou étrangères :

  • Jean-Louis CHANDON, IAE Aix en Provence - France
  • Marc FAVIER, Université de Grenoble – France
  • Hafedh Ben ABDENNEBI, Institut des Hautes Etudes Commerciales de Carthage – Tunisie
  • Jean-Yves DUYCK, Université de La Rochelle – France
  • Imed BOUGHZALA, TELECOM Ecole de Management – France
  • Amina KADRI-MESSAÏD, Ecole Nationale Supérieure de Management – Algérie
  • Lassaad GHACHEM, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Mahdia – Tunisie
  • Cécile PERRET, Université de Savoie – France
  • Pierre VALETTE-FLORENCE, IAE de Grenoble – France
  • Abdelfettah MEKOUAR, Faculté des Lettres et Sciences Humaines Ben M'Sik – Maroc
  • Stéphane GANASSALI, IAE Savoie Mont-Blanc – France
  • Taoufik BENOMAR, Institut des Hautes Etudes de Management - Maroc
  • Pierre MORA, Bordeaux Ecole de Management – France
  • Zineb HAROUN, Université Mentouri Constantine - Algérie
  • Noël ALBERT, Euromed Management Marseille – France
  • Mohsen DEBABI, Ecole Supérieure de Commerce de Tunis, Tunisie
  • Hélène MICHEL, Grenoble Ecole de Management – France
  • Nacer-Eddine HAMMOUDA, Centre de Recherche en Economie Appliquée pour le Développement (CREAD) – Algérie
  • Younès BOUGHZALA, Irege - IAE Savoie Mont-Blanc – France
  •  Mohammed Azzel Arab DEBBARH, Université Hassan 1er - Maroc
  • Abdelfattah TRIKI, Institut Supérieur de Gestion de Tunis – Tunisie
  • Gilles N'GOALA, Université Montpellier 1 – France

3.   Le déroulement

La procédure de sélection se déroule en trois étapes :

  • l’information sur la soumission des dossiers,
  • une étape de pré-sélection,
  • et une étape de désignation des deux lauréats.
Etape 1 : Soumission des dossiers :

Les dossiers sont envoyés avant le 30 avril par voie postale et électronique et comportent les documents suivants :

  • Un exemplaire électronique et un exemplaire papier de la thèse,
  • Les deux pré-rapports et le rapport de soutenance,
  • Un résumé d'une vingtaine de pages dactylographiées en insistant particulièrement sur la démarche empirique entreprise et les apports méthodologiques,
  • Un curriculum-vitae précisant l’activité professionnelle et de recherche du candidat,
  •  Un compte rendu des échos du travail doctoral dans les conférences et les médias professionnels et sur le Web (revues professionnelles, blogs, sites institutionnels…).

Au total, 11 dossiers de candidatures sont reçus et les 10 dossiers complets sont retenus : 5 en sciences économiques et 5 en sciences de gestion (SI, Marketing et Stratégie).

Ces candidatures proviennent des universités françaises suivantes : Université Paris-Dauphine (3), Université de Grenoble (3), Université Paris I Panthéon Sorbonne (1), Université Nanterre La défense (1), Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (1), Université Paul Cézanne Aix Marseille III (1).

Etape 2 : Pré-sélection :

Cette phase consiste en la sélection, par un jury restreint présidé par Jean Moscarola, des finalistes sur la base des critères définis dans l’appel à candidature (voir grille d’évaluation 1 : http://infos.lesphinx.eu/infos/GrilleEvaluation%201.pdf). Le jury de pré-sélection se tient le 5 septembre 2012 et retient 6 finalistes (au lieu de 5 en raison d’un ex-æquo).

Etape 3 : Séléction des lauréats :

Pour la troisième étape de sélection, le président constitue une liste d’évaluateurs et s’assure de la collaboration de trois membres de la société Le Sphinx Développement (docteurs en sciences en gestion). Quelques règles sont définies :

  • Les directeurs de thèse des candidats ne peuvent pas faire partie des évaluateurs.
  •  Les évaluateurs ne font pas partie du jury de thèse du candidat et n’appartiennent pas au même laboratoire.
  • L’évaluation de la qualité des dossiers est réalisée sur la base d’une grille préparée par le président du jury. Elle est effectuée au moins par deux évaluateurs.
  • La désignation des évaluateurs est effectuée par le président en fonction des compétences perçues des rapporteurs sur le sujet de la thèse.
  • Les évaluateurs disposent de deux mois pour évaluer les 2 à 3 dossiers et formuler un jugement global et des commentaires sur la base de 16 critères (Voir grille d’évaluation 2 : http://infos.lesphinx.eu/infos/GrilleEvaluation%202.pdf).

Cette phase consiste à choisir les deux lauréats du Prix parmi les 6 finalistes. Les membres du jury reçoivent les dossiers à évaluer et la grille d’évaluation en septembre. Le dernier délai de retour des évaluations est le 10 décembre (soit après 2 mois et demi).

Après concertation entre le président du jury et les membres du jury, le président proposera les noms des deux lauréats du Prix. Il transmettra ensuite les résultats au comité d’organisation.

4.   Finalistes et lauréats 2012

Les finalistes :

Sur les 10 candidatures, 6 thèses sont retenues. Les résultats de la première phase de sélection sont annoncés le 18 septembre 2012. Les finalistes sont :

  • Thomas BREDA, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Syndicats, négociations, ou capitalisme familial : effets sur les salaires et la protection de l’emploi, sous la direction du Professeur Philippe ASKENAZY

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/ThomasBreda.pdf

  • Natalia KYUI, Université Paris I – Panthéon Sorbonne, Microeconometric Analysis of tertiary education demand and returns to education, sous la direction du Professeur Michel SOLLOGOUB.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/NataliaKyui.pdf

  • Mbaye Fall DIALLO, Université Paul Cézanne Aix-Marseille III, Les déterminants du choix des marques de distributeur : Application à un marché émergent – Le Brésil, sous la direction du Professeur Jean PHILIPPE.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/MbayeFallDiallo.pdf

  • Inès BOUZID, Université Paris-Dauphine, La dynamique des innovations d’exploration et d’exploitation des PME à travers les alliances stratégiques, sous la direction du Professeur Florence DURIEUX.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/InesBouzid.pdf

  • Dima RAHMAN, Université Paris Ouest Nanterre La Defense, La fragilité des institutions financières : Structure de dépendance, comportements extrêmes et contagion, sous la direction du professeur Sandrine LARDIC.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/DimaRahman.pdf

  • Ali KHALEGHI, Université de Grenoble, Les risques des projets d’implémentation des systèmes d’information dans les pays en voie de développement : le cas de l’Iran, sous la direction du professeur Marc FAVIER et du Professeur Manouchehr ANSARI.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/AliKhaleghi.pdf

Les lauréats :

Après concertation avec les membres du jury, le Président du jury Pr. Jean Moscarola a retenu deux lauréats :

-          Le premier prix de 1000 euros est attribué à Mr Mbaye Fall Diallo pour sa thèse intitulée « Les déterminants du choix des marques de distributeur : Application à un marché émergent ». En plus de son apport managérial, ce travail en Sciences de gestion (Marketing) se distingue particulièrement par la qualité et la rigueur de l’étude empirique, la combinaison des approches qualitatives et quantitatives et le fort potentiel de publication du candidat.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/MbayeFallDiallo.pdf

-          Le second prix de 500 euros est attribué à Mme Dima RAHMAN pour sa thèse intitulée « La fragilité des institutions financières : Structure de dépendance, comportements extrêmes et contagion ». Ce travail en Sciences économiques est d’actualité et se distingue par une très bonne connaissance de la problématique étudiée, par la qualité des outils de recherche mobilisés et le bon parcours professionnel de la candidate.

Résumé de thèse : http://infos.lesphinx.eu/infos/DimaRahman.pdf

La remise des prix sera effectuée lors des 5èmes  Rencontres des utilisateurs des logiciels et applications Sphinx, le 28 mai 2013 à la Maison de l’Europe à Paris.

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"L'entreprise citoyenne" au prisme des analyses Quanti et Quali

La notion tendance d'”entreprise citoyenne” vient d'être étudiée très sérieusement par un collectif de chercheurs qui met en évidence, non seulement les contours de sa perception complexe, mais surtout l'intérêt de combiner deux approches qui ont longtemps été opposées : le qualitatif et le quantitatif. Spontanéité, diversité et créativité du qualitatif. Mesurabilité, volume et rigueur du quantitatif. Une association intelligente et très porteuse...

Une méthode de recherche mixte

C'est à l'occasion du colloque de recherche « Entreprise citoyenne : entre la théorie et la pratique », organisé le 3 mars 2012 à Sfax (Tunisie) par l’Université de Sfax et l’association « Action Citoyenne : entreprise, dialogue et développement », en collaboration avec le technopôle de Sfax et l’Institut des Hautes Études Commerciales de Sfax, qu'ont été présentés les résultats de cette enquête. Une enquête menée sur la perception comparative de l’entreprise citoyenne en France et en Tunisie par des chercheurs de l’Université de Savoie (Jean Moscarola, Younes Boughzala) et de l’École Supérieure de Commerce de Tunis (Ola Bayarassou), avec le soutien technique de la société Le Sphinx Développement.

Pour bien comprendre et explorer la notion d’entreprise citoyenne, ces derniers ont recouru notamment à la méthode du mur d’images qui permet de collecter à la fois des données qualitatives et quantitatives. Cette méthode de « recherche mixte » consiste, en introduction du questionnaire proprement dit, à solliciter le répondant sur ses impressions spontanées face à un mur d’images exprimant différents axes du thème étudié par l'enquête. Une interpellation liminaire que nous vous avons présenté dans le premier numéro de cette Newsletter.

Pour visualiser le questionnaire :

http://www.sphinxonline.net/IregeSI/entreprisecitoyenne/questionnaire.htm

Des apports dans le contenu et dans la méthode

Cette enquête s’est soldée par des résultats très enrichissants. Sur le plan scientifique, elle a permis d'explorer la perception de l’entreprise citoyenne et de comparer de ce point de vue les caractéristiques des répondants français avec celles des répondants tunisiens. Au tableau des résultats clé, trois attitudes se dégagent à l'égard de l'entreprise citoyenne : les « critiques », les « idéalistes » et les « raisonnables ». Pour un répondant sur cinq, l'entreprise citoyenne demeure un mythe alors que pour plus d'un tiers, elle est vue comme une réalité. Ses marqueurs  majeurs sont les suivants : l'environnement, le développement des salariés, les conditions de travail et l'insertion des handicapés. Également, elle est mieux perçue par les répondants tunisiens que par les répondants français. Enfin, le genre et les valeurs individuelles influent sur sa perception, puisque les femmes et les tolérants en sont les meilleurs supporters.

Sur le plan méthodologique, l'étude a mis en évidence que la combinaison des approches quantitatives et qualitatives pour la collecte des données conduit à des analyses statistiques plus complètes rapportant des données des deux types. Ainsi, en plus des analyses descriptives, il est possible de mettre en place des classifications hiérarchiques ascendantes et des analyses factorielles, qui restituent les différentes classes des répondants en leur associant les images choisies ainsi que les mots les plus utilisés ou le verbatim le plus spécifique.

Des résultats que vous pouvez consulter ici :

http://www.sphinxonline.net/IregeSI/entreprisecitoyenne/report.htm

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